Le records management, discipline anglo-saxonne centrée sur le contrôle du cycle de vie des documents porteurs probants ou de mémoire interne, connaît un certain succès en France, avec la diffusion d’une norme internationale (ISO 15489) et d’un modèle européen (MoReq2). La démarche se fait en deux étapes : d’abord, identifier les « records » à archiver (et de manière exhaustive pour couvrir les risques) ; ensuite, les mettre en sécurité et les maintenir pendant la durée nécessaire dans un système ad hoc. Dans l’environnement numérique, avec l’inflation et la dissémination des données traçant les responsabilités, l’analyse diplomatique traditionnelle apparaît comme une méthode concurrentielle pour la première étape. En effet, au-delà de son rôle initial d’évaluation a posteriori de l’intérêt historique des archives, la critique diplomatique des documents permet de maîtriser a priori des bonnes informations à archiver. Il convient juste de l’adapter au monde numérique et à ses défis.

Marie-Anne Chabin
Archive17