Document numérique et Société

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ACTEURS et TRAITEMENTS

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dimanche 30 novembre 2008

La question de la médiation de l’information dans les grandes entreprises mondiales : retour d’expérience, perspectives

Cet article pose la question de l’identité d’un service de médiation de l’information dans les grandes entreprises implantées à l’international, au travers de l’expérience vécue par un professionnel de l’information, doctorant en Sciences de l’Information et de la Communication, au sein du département corporate « External Information Management » du groupe sidérurgique ArcelorMittal, alors en période de mutation économique et dimensionnelle. La question même de la valeur de l’information semble remise en cause. L’analyse de la mise en oeuvre d’une conduite du changement global de l’activité du service et de son repositionnement stratégique au sein de l’organisation tentera d’apporter de nouvelles pistes de réflexion sur la fonction de médiateur de l’information et les relations nouvelles qu’elle entretient avec l’information, les acteurs qui l’entourent, dans le contexte particulier de l’industrie, dans le contexte plus global des entreprises commerciales.

Marion Consalvi
Université du Sud Toulon Var

De l’édition traditionnelle à l’édition numérique : le cas de la presse du XIXe siècle

L’ambition de cet article est de contribuer à cerner ce qui fonde la spécificité de l’édition numérique d’une collection patrimoniale. Cette réflexion est menée dans le cadre d’un projet qui vise à mettre en ligne, en les valorisant, des collections de la presse illustrée rhône-alpine du XIXe siècle, conservées à la Bibliothèque Municipale de Lyon. Après une définition de la notion de collection et d’édition numérique, nous présentons une étude comparative de plusieurs éditions numériques de la presse ancienne. Les initiatives analysées dans ce cadre sont abordées d’une part, en termes d’usages, et d’autre part, en termes des services et modalités de valorisation et de diffusion de l’information permettant de répondre à ces usages. Cette étude des pratiques sur le terrain nous conduit à une réflexion sur les modifications du positionnement des acteurs institutionnels engagés dans des projets d’édition numérique du patrimoine des bibliothèques. À partir de cette double approche d’observations de quelques situations et de réflexions théoriques bâties sur ces observations, nous montrons de quelle manière l’édition numérique de la collection patrimoniale remet en question certaines missions assignées aux institutions culturelles publiques, et en particulier celle de la conservation.

Agnieszka Smolczewska, Geneviève Lallich-Boidin
Université de Lyon 1

présentation à venir

L'édition électronique scientifique, impact sur le traitement de l'information d’un centre de documentation

L'INIST, l'Institut de l'Information Scientifique et Technique du CNRS, s'adapte continuellement aux nouvelles technologies. Acquérir un fonds documentaire, le gérer, l’exploiter et le valoriser demande, à toutes les étapes, des compétences orientées vers l’informatique documentaire. Nous verrons comment les différents métiers de l’INIST-CNRS ont été modifiés au cours de ces dernières années, en particulier pour l’acquisition de documents électroniques, de leurs données de signalement et la transformation de celles-ci, les négociations et les aspects juridiques concernant leurs droits d’exploitation imposés ou devant être discutés directement avec les éditeurs. Ces pratiques d’ingénierie documentaire nécessitent une méthodologie favorisant la mutualisation des ressources et outils de transformation ; les techniciens et ingénieurs bénéficient actuellement d’un déploiement de compétences technologiques initié il y a déjà quelques années.

Sylvie Grésillaud, Catherine Morel-Pair, Jacqueline Gillet
INIST-CNRS

Les dépôts institutionnels comme stratégie de réforme de l’infrastructure d’information scientifique

Le manifeste The Case for Institutional Repositories: A SPARC Position Paper (Crow, 2002) et l’article Institutional Repositories: Essential Infrastructure for Scholarship in the Digital Age (Lynch, 2003) sont les deux textes fondateurs du mouvement pour les dépôts institutionnels. Le premier est exclusivement concerné par la problématique du libre accès aux résultats de la recherche. Les dépôts institutionnels sont présentés comme une stratégie qui permettra aux universités et aux bibliothèques de réformer le système de publication scientifique. Le second propose un modèle moins restrictif dans lequel les dépôts permettent aux universités et aux bibliothèques d’assurer l’accessibilité, mais également l’organisation et la préservation de leur production documentaire liée aux activités d’enseignement et de recherche. Nous discutons ces deux modèles et présentons ensuite l’architecture informationnelle de la plate-forme FEDORA afin d’illustrer la richesse d’une approche sociotechnique pour la conception des systèmes d’information numérique.

Dany Bouchard
EBSI, Montréal

Document d'entreprise : Qualidoc, outil d'aide à la rédaction de devis d'intervention sur oeuvre d'art

Toute l'activité économique s'accompagne d'une chaîne documentaire de plus en plus lourde. De plus, le statut de ces documents a considérablement évolué : ils deviennent progressivement des indicateurs de fiabilité sans lesquels l'entreprise ne peut se développer. Pour autant, l'expertise documentaire ne fait pas forcément partie des compétences disponibles au sein de petites entreprises dont l'activité se structure autour d'une compétence technique forte. Nous présentons ici Qu@liDoc, un outil logiciel développé pour assister des artisans d'art dans la tâche de rédaction de propositions commerciales. Cet outil se base sur l'étude d'un corpus de 4 ans de « devis-factures ». La méthode retenue mobilise les concepts de l'analyse de corpus et de l'analyse du discours. La formalisation résultant de cette étude est implémentée sous la forme d'un modèle de document pour tableur. Qu@liDoc s'intègre donc sans difficulté à la suite bureautique usuelle.

Marie-Hélène Lay
Ens-Lsh, Lyon

mercredi 26 novembre 2008

Publication collaborative sur un intranet d’entreprise et processus éditorial

La publication via des outils de gestion de contenus (CMS) sur un intranet d’entreprise implique une activité éditoriale et communicationnelle. L’observation du travail du comité éditorial d’un site de référence pour la fonction hygiène, sécurité, conditions de travail, Action-Prévention, dans une grande entreprise permet de comprendre la représentation du travail éditorial et ses modalités d’organisation (formes éditoriales, processus) par ses acteurs, non-professionnels de la communication et de l’édition. Questionnant la production de connaissances censée s’y opérer, cette étude montre le lien entre activités d’auteur, d’éditeur et de documentation à partir de ressources, et la façon dont la position d’ « éditeur » en ligne autorise une appropriation des connaissances diffusées.

David Douyère
Université Paris 13

en attente de la présentation

Documents numériques au travail

Les caractéristiques du document numérique, étudiées de manière générale, notamment par le collectif Pédauque sont analysées ici dans les univers de travail selon quatre approches spécifiques. Le déplacement du regard sur le document de ses formes canoniques, vers ses formes d’usage en environnement de travail renvoie à des activités particulières comme le classement, le stockage, la circulation et la recherche. Chargés d’éléments « non documentaires » comme par exemple la relation sociale (entrée medium pour Pédauque), les documents au travail engagent une nouvelle lisibilité de la notion même de documentation dans la sphère professionnelle. Ils amènent les utilisateurs – parfois déjà éduqués à ces pratiques dans l’espace public, par exemple via l’utilisation des moteurs de recherche – à déployer une intense activité documentaire alors même qu’ils ne sont pas des spécialistes de ces questions.

Dominique Cotte
Université de Lille 3

E-records management et diplomatique numérique

Le records management, discipline anglo-saxonne centrée sur le contrôle du cycle de vie des documents porteurs probants ou de mémoire interne, connaît un certain succès en France, avec la diffusion d’une norme internationale (ISO 15489) et d’un modèle européen (MoReq2). La démarche se fait en deux étapes : d’abord, identifier les « records » à archiver (et de manière exhaustive pour couvrir les risques) ; ensuite, les mettre en sécurité et les maintenir pendant la durée nécessaire dans un système ad hoc. Dans l’environnement numérique, avec l’inflation et la dissémination des données traçant les responsabilités, l’analyse diplomatique traditionnelle apparaît comme une méthode concurrentielle pour la première étape. En effet, au-delà de son rôle initial d’évaluation a posteriori de l’intérêt historique des archives, la critique diplomatique des documents permet de maîtriser a priori des bonnes informations à archiver. Il convient juste de l’adapter au monde numérique et à ses défis.

Marie-Anne Chabin
Archive17

Indexation collaborative en réseaux : entre gain informationnel et déperdition conceptuelle ?

Cette communication se propose de tirer un premier bilan lié à une nouvelle activité d’écriture sur le web : la catégorisation des contenus par les usagers à l’aide d’outils de mise en signets (bookmarking). Trois angles permettent de tracer les contours d’une technique dont l’innovation est rapide tant du point de vue d’une nouvelle génération d’outils que celui de leur adoption par les usagers. Une synthèse fait le point des premières études sur l’apport de l’indexation collaborative massivement distribuée à la recherche d’information et son intégration par les interfaces d’interrogation de catalogues en ligne. Est constaté le début d’utilisation en entreprise de cette accumulation d’informations réalisée en collectif.

Evelyne Broudoux
Université de Versailles-Saint-Quentin
en attente de la présentation

Le marché numérique des livres, un nouvel enjeu pour les éditeurs français

Le livre numérique connaît aujourd’hui, à nouveau, une actualité importante. Après les échecs ou l’abandon des différents projets de développements de contenus éditoriaux numériques, le marché du livre numérique voit aujourd’hui émerger plusieurs offres et dispositifs nouveaux. L’arrivée sur le marché de nouveaux supports de lecture, couplés parfois à des catalogues d’ouvrages numériques importants modifie fortement l’univers du livre numérique. Le type d’acteurs (libraires, industriels…), le poids dans la filière du livre et l’ambition des projets mis en place nécessitent de s’interroger sur les enjeux de ces possibles évolutions. Nous proposons dans ce travail une analyse comparative des conditions d’émergence de ce marché par rapport à la première période des années 2000. A partir de ces éléments nous préciserons les enjeux de ce nouveau marché pour les éditeurs français et conclurons par des éléments de préconisation.

Benoît Epron
ENSSIB

Tentative de définition du Vectorialisme

Il existe un paradoxe entre l'explosion de la communication, la capacité des individus à se coordonner et s'exprimer au travers du réseau internet, et la concentration des acteurs majeurs du réseau numérique. En nommant « vectorialisme » le type particulier de structure dominante qui se met en place autour des communications numériques, il s'agit de pointer son caractère particulier, différent des formes monopolistiques antérieures. Le vectorialisme est au carrefour d'une économie de médias (financement par un tiers, relation avec l'industrie de l'influence) et une économie de compteurs (capacité à conserver les usagers, par effet de réseau et tracer l'ensemble de leurs activités). Les sociétés issues directement du monde de l'internet, à l'image de Google, Yahoo ou Amazon, de l'informatique, tels Cisco ou Microsoft, que celles venues du monde des télécommunications, comme Orange, Verizon, SKT,... ou bien des médias à l'image de Fox News ou MSNBC, deviennent des vecteurs en s'étendant sur toute la chaîne de valeur. Ce faisant, les vecteurs rencontrent les activités de gestion des identités, et s'installent sur une sphère administrative et politique auparavant tenue par les divers pouvoirs publics, et développent une infrastructure de type industriel pour satisfaire leurs besoins de calcul. Prendre en compte dans toute ses dimensions cette forme d'entreprise majeure du « capitalisme cognitif » permet à la recherche d'éclairer la décision collective, et de pointer les formes spécifiques que va prendre la domination économique, mais aussi idéologique, culturelle et finalement politique des vecteurs. Ainsi que les mutation des droits du travail intellectuel, ou de la rémunération des activités de production immatérielle.

Hervé Le Crosnier
Université de Caen